Paris manque de romantisme
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Bibo
Bibo est, à l'origine, un être humain. Mais Paris a ses façons de remodeler les gens — lentement, sans prévenir, sans demander la permission.
Les nuits trop courtes et trop répétées ont fini par laisser leur trace : des cernes noires, profondes, presque permanentes — comme la marque distinctive d'une espèce en voie d'adaptation. Le teint, lui, s'est progressivement blanchi au contact d'une ville qui oublie parfois de laisser entrer le soleil. Et les douceurs — les petites, les volées, celles qu'on accumule en silence pour tenir — ont arrondi ce qui était autrefois des angles.
C'est ainsi que Bibo est devenu panda. Pas par magie. Par Paris.
« L'histoire que je vais vous raconter aujourd'hui est la plus banale du monde : celle de la rencontre d'un homme et d'une femme, d'un amour qu'ils croyaient éternel et d'une rupture des plus douloureuses.
Si vous êtes comme moi et que vous n'aimez pas lire, vous pouvez vous arrêter là. »
Premier chapitre
01. Ouverture
« L'histoire la plus
banale du monde »
L'histoire que je vais vous raconter aujourd'hui est la plus banale du monde : celle de la rencontre d'un homme et d'une femme, d'un amour qu'ils croyaient éternel et d'une rupture des plus douloureuses.
Si vous êtes comme moi et que vous n'aimez pas lire, vous pouvez vous arrêter là. L'essentiel est dit. Vous pourrez toujours ranger ce livre dans votre bibliothèque, aux côtés de ceux que vous avez peut-être commandés en ligne un jour avec enthousiasme, longuement attendus, soigneusement déballés puis rangés. Ou encore près de ceux qui vous ont été précieusement conseillés par votre libraire, – si vous n'en avez pas un, faites semblant – que vous avez rapportés délicatement chez vous, et qui, pourtant, n'ont jamais été ouverts.
Je pense que vous les reconnaissez, ces livres qui vous jugent en silence à chaque fois que vous passez devant vos étagères et qu'au bout d'un certain moment, vous ne souhaitez plus revoir. Dans ce cas, vous n'aurez que la version courte et je garderai peut-être pour moi les détails embarrassants, les échanges absurdes et les petits passages qui transforment une histoire ordinaire en une histoire mémorable. Sachez qu'avec la plus belle femme du monde et un narrateur des plus passionnés, il y a matière à raconter.
Avant de vous narrer cette histoire, avant de vous parler d'elle, il faut que vous sachiez un peu qui je suis. Ce n'est ni par narcissisme ni par vanité, simplement par courtoisie et politesse. Je ne suis pas vraiment à l'aise, pas du tout même, dans cet exercice, mais ne paniquez pas, ce sera rapide, car la bienséance exige une présentation, pas une autobiographie.
Si un ami en commun nous avait présentés lors d'une soirée, je vous aurais probablement serré la main et dit que je m'appelais Marco, que j'étais enchanté de faire votre connaissance. La conversation aurait sûrement dérivé vers ces banalités qui permettent d'apprivoiser l'autre, et peut-être vous aurais-je confié que, petit, je voulais devenir cuisinier ou pirate.
Mon choix aurait découlé de ce que j'avais entre les mains : la fantaisie d'un verre de rhum m'aurait poussé vers la mer, tandis que la délicatesse d'un canapé m'aurait rapproché des fourneaux. « Quel est ton rêve ? » est une trop grande question malgré sa banalité et le peu de mots qui la composent. Je crois que toute personne se définit par ses rêves. Ils sont, d'une certaine manière, ce qui nous rattache le plus à la réalité et ceux de l'enfance sont généralement les plus sincères : ils naissent avant la peur du jugement et le poids du réel. Ils disent ce que nous voulions être avant de devenir ce qu'il fallait être.
Ces rêves sont probablement nés dans une cour de récréation – un peu comme les vôtres, peut-être –, celle de mon école primaire où je me prenais pour un pirate et rêvais d'horizons plus grands. Cette cour, je la partageais avec d'autres enfants, d'abord des inconnus, puis des camarades, des compagnons de jeu et aujourd'hui des amis. Leurs rêves étaient différents des miens : Martin Galle voulait devenir mathématicien comme sa mère, Boo Wing rêvait de piloter un avion comme son père et Tommy Vasek se voyait médecin, comme à peu près tous les membres de sa famille. Tommy Vasek ou Vasek Tommy, si vous n'aviez pas encore remarqué ces jeux de mots douteux.
Premier roman — disponible en précommande
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